Rallye 4L Trophy : Jolan Arcelin et Pedro Da Silva Rebelo ont vécu leur rêve ! - COMM'une info n° 84
COMM’une info : comment s’est passée votre participation ?
C'était un saut dans l'inconnu. Nous avons préparé ce projet une année à l'avance et avec le recul, nous aurions sans doute fait les choses différemment. Concernant le rallye, c'était très intense. Parcourir 6'000 kilomètres à l’intérieur de quelques morceaux de tôle avec un moteur à l'avant n'a pas été de tout repos. Nous enchaînions des journées de 8h de conduite avec parfois peu d’heures de sommeil. Au sud de l’Espagne et au Maroc, la qualité des routes était incertaine. Au Maroc, le code de la route est particulier. Les priorités, ça n’existe pas vraiment. Si tu peux passer, tu passes…
Quelles images allez-vous garder en souvenir ?
D'une part, tous les magnifiques paysages que nous avons traversés durant ces 2 semaines de périple. D'autre part, les rencontres, la découverte des cultures, les échanges que nous avons eus avec les participants. L’entraide et les sensations, en particulier dans le désert, font de cette aventure une expérience inoubliable. Comme on comptait 1’600 équipages, on n’était jamais réellement seuls. Il y avait toujours des traces ou des équipes pour nous ouvrir la voie.
Avez-vous rencontré des problèmes techniques ?
OUI ! Et pas des moindres ! Nous avons eu une fuite entre le moteur et la boîte de vitesses. Notre courroie de distribution baignait dans l'huile et s’est usée trop rapidement. Elle a lâché au milieu de l'autoroute. Heureusement, nous connaissions le problème et nous avions des pièces de rechange. Notre radiateur, pourtant flambant neuf, a, lui, explosé au milieu du désert à cause d'une surchauffe et d'une mauvaise évacuation de la pression du liquide de refroidissement. Nous avons dû en racheter un sur place et le changer. Malheureusement, nous avons mis trop de temps pour effectuer les réparations. Cela nous a coûté notre dernière épreuve, un marathon de 200 km dans le désert, que nous avons dû réaliser par la route et non au milieu des dunes avec les autres participants. À chaud, c’est vrai qu’on était un peu dégoûtés… mais cela fait partie de l'aventure. Finalement, nous avons pu arriver à Marrakech comme tous les autres.
Au final, le 4L Trophy est aussi une course…
Effectivement, sur le kilométrage et non la vitesse. Pour notre part, nous étions bien partis jusqu'au « famoso radiator » qui nous a coûté la dernière épreuve et pour laquelle nous avons écopé d’une pénalité de 700 km. Si cela nous a placé au modeste 906ème rang final, nous sommes quand même satisfaits. Finir le 4L Trophy est déjà un exploit en soi. Beaucoup n'y arrivent pas et doivent abandonner en cours de route. Notre objectif de base était de terminer. Nous sommes juste un peu déçus de ne pas avoir pu prendre part à l'épreuve marathon.
Quel accueil la population marocaine vous a-t-elle réservé ?
Les gens sont très gentils et accueillants. Nous avons également été très touchés par la pauvreté des gens du désert et des enfants que nous sommes venus aider et avons pris la mesure de la chance que nous avions d'être nés en Europe. Le 4L Trophy est aussi une action humanitaire. Chaque équipe amène des denrées alimentaires, des fournitures scolaires ou sportives et fait part de dons pour soutenir cette population reculée du désert. Nous avions apporté 2 sacs de 110 litres de doudous et des fournitures scolaires offerts par nos sponsors. Nous tenons d’ailleurs à les remercier chaleureusement, ainsi que nos amis, nos familles et nos proches qui nous ont aidés à réaliser notre rêve !
COMM'une info n° 84 - mars 2025